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Le paiement sans contact au Japon entre timidement dans le quotidien

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Le geste est répété des millions de fois chaque jour dans l’Archipel. Celui qui consiste à approcher son téléphone portable d’un lecteur ad hoc qui enregistre une transaction. Le paiement sans contact doit son succès au côté pratique qu’il offre à son utilisateur.

En juin 2008, Felica Networks, du nom du joint-venture entre le premier opérateur mobile NTT DoCoMo et Sony, revendiquait quelque 51 millions de téléphones portables équipés de la puce porte-monnaie électronique. Mais le nombre réel d’utilisateurs est en fait bien inférieur. Concrètement, les utilisateurs de téléphones portables peuvent régler avec leur terminal des achats de la vie courante depuis 2004, date du partenariat entre les deux géants. La boisson à un distributeur automatique, des courses dans une épicerie ou le taxi. L’utilisation la plus immédiate reste toutefois le transport en commun. A Tokyo, Suica est une carte sans contact, édité par East Japan Railways, un des opérateurs du réseau ferré. Le sans-contact permet principalement de fluidifier les mouvements aux heures de pointe et d’abaisser les coûts de maintenance des portillons, plus simples de conception que les machines à ticket. Mobile Suica, lancé en janvier 2006, est le même système mais intégré à un téléphone portable, ce qui permet à East Japan Railways de ne plus avoir besoin d’éditer de cartes, devenues électroniques. D’où un avantage de coût. Mais le système ne rencontre pas un succès démesuré auprès des usagers. En avril 2009, le nombre d’utilisateurs a tout juste dépassé 1,5 million. Alors qu’il y a plus de 100 millions de portables au Japon. Le sans-contact pour le commerçant, c’est une plus grande fluidité aux caisses. Mais c’est surtout un outil marketing extrêmement utile et précis qui sait tout des habitudes de consommation de la clientèle. Il permet de mettre en place une fidélisation ou des promotions commerciales extrêmement ciblées. Tel le consommateur d’un produit peut bénéficier d’une remise individuelle qui lui sera appliquée lorsque la caisse enregistreuse reconnaîtra son portable. Et ce, à l’insu des autres clients du magasin.

Popularisation

Reste l’opérateur de téléphonie mobile qui, en termes d’image et de services au consommateur, se doit d’être présent sur ce créneau. Par exemple, Softbank, le troisième opérateur, a lancé dès 2005 des terminaux compatibles au service Osaifu Keitai et vient de franchir le cap des 10 millions d’utilisateurs. Mais les experts s’accordent pour reconnaître que le retour sur investissement n’est pas assuré, du moins à court terme. NTT DoCoMo, le pionnier, a choisi de se positionner sur tous les éléments de la chaîne. Comme KDDI avec Mitsubishi UFJ, NTT DoCoMo s’est rapproché de Sumitomo Mitsui Financial Group pour lancer des services de carte de crédit, à paiement immédiat ou différé. Entre autres avantages, l’établissement bancaire n’a plus besoin de matérialiser la carte de crédit devenue électronique. En lançant DCMX en 2006, le géant de la téléphonie a cherché à participer à la popularisation de la carte de crédit au Japon avec comme objectif d’aboutir à 9 millions d’abonnés au 31 mars 2009. A la fin du premier trimestre 2008-2009, leur nombre était de 6,44 millions.

Source Les Echos 25/05

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