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Fibre optique au Cameroun

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En août 2009 à Douala, l’entreprise de téléphonie mobile Mtn, à travers sa filiale Mtn Networks Solutions, a entamé les travaux d’implantation de la fibre optique. Une initiative qui a dressé les cheveux de son concurrent Camtel.

La société étatique Camtel, jouit en effet d’un droit d’exclusivité « provisoire » sur la gestion de la fibre optique ainsi que des liaisons interurbaines via cette infrastructure de pointe. Les opérateurs Mtn et Orange sont ses clients, tout comme de nombreux utilisateurs de CT Phone qui ont la possibilité d’utiliser le Net. Ce qui ne plaît pas toujours à Mtn et Orange, qui estiment que dans un contexte de libéralisation, ils ont le droit d’implanter la fibre optique.

Camtel a alors vite alerté l’Agence de régulation des télécommunications (Art), qui a énergiquement instruit Mtn d’arrêter les travaux de déploiement de la fibre optique de son projet baptisé « Douala métro ». Plus tard, l’Art reconnaissant l’importance de ce projet va adoucir le ton en demandant que Mtn avise préalablement le ministère des Postes et Télécommunications et la Camtel et non uniquement la Communauté urbaine de Douala comme cela avait été le cas.

Aujourd’hui, Mtn, Orange et Camtel, tous opérateurs de téléphonie mobile, sont concurrents sur le marché de la distribution d’Internet. Orange Multimedia Services offre sa LiveBox depuis avril 2008. Elle offre plusieurs autres services Internet correspondant à différentes bourses. Il s’agit d’Internet haut débit grand public, d’Internet débit business et d’Internet mobile. Une source au ministère des Postes et Télécommunications affirme d’ailleurs que cette société envisage également d’installer des infrastructures de la fibre optique (et l’aurait déjà implantée) par faisceaux hertziens entre les villes de Ngaoundéré et de Garoua.

Avant Orange, en avril 2008, Mtn Network Solutions proposait déjà aux Camerounais Mtn Nomad basé sur la technologie Wimax. Tout comme Orange aujourd’hui, la compagnie distribue Internet à ses clients à différents prix. Fibe Access, Internet Access, Mobil Data et Security. L’entreprise ne cache plus son ambition d’implanter la fibre optique au Cameroun, notamment à Douala. Au Minpostel, on est formel. Mtn et Orange n’ont pas le droit d’implanter la fibre optique.

Camtel, quant à elle, se dit la mère du haut débit. Société étatique, elle détient l’exclusivité de la « gestion provisoire de la fibre optique » au Cameroun à travers la convention de concession à elle attribuée par l’Etat : « Nous tenons la fibre optique », se vante-t-elle sur son site Internet. Mais seulement, cette convention de concession accordée à Camtel par l’Etat du Cameroun a expiré il y a trois ans. Et depuis, l’Etat ne l’a plus renouvelée. En principe, actuellement, Camtel opère dans l’illégalité.

Perspectives : un avenir très Net

La Banque mondiale et le gouvernement camerounais ont chacun lancé des
projets pour l’implantation d’Internet haut débit dans l’ensemble du pays.

52 millions de dollars, soit environ 26 milliards de francs Cfa. C’est le montant du prêt que le gouvernement chinois, à travers Exim Bank China, a accordé au Cameroun pour l’implantation de la fibre optique sur une longueur de 3 200 Km répartis sur l’ensemble du territoire national. Une tâche qu’effectuera la société chinoise Huawei Technologies Corporation Limited.

L’accord de prêt a été signé le 06 juillet 2009 par Louis-Paul Motazé, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, et Huang Changquing, ambassadeur de la République populaire de Chine. C’était en présence du ministre des Postes et Télécommunications, Jean-Pierre Biyiti bi Essam, et du directeur général adjoint de la Camtel, Richard Maga.

Concrètement, Huawei Technologies va prolonger les 14 points de sortie du câble de la fibre optique installés le long du pipeline Tchad-Cameroun dans toutes les régions du Cameroun et ainsi rendre accessible le haut débit.

A côté de ce projet national, un autre, sous-régional, a été initié par les chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). C’était lors du sommet de N’Djamena le 25 avril 2007. Il s’agit du projet Central African Backbone, en abrégé Cab. Il va également s’appuyer sur le câble à fibre optique installé le long du pipeline Tchad-Cameroun.

Le 16 juillet 2009, le secrétaire général du ministère des Postes et Télécommunications, Edouard Ebah Abada, a présenté aux médias ce projet qui sera financé par la Banque mondiale à hauteur de 26,2 millions de dollars, soit environ 11,4 milliards de francs Cfa. Pour sa première phase, le Cab sera expérimenté au Cameroun, au Tchad et en Centrafrique. Ce projet aura pour but de renforcer l’accès à Internet haut débit et de réduire les prix pour les internautes.

1 660 Km de fibre optique seront à nouveau construits sur l’infrastructure existante. Le Cab, qui sera effectif en 2010, va également permettre aux Etats africains d’harmoniser leurs lois et règlements dans le secteur des Tic.

La Banque mondiale entend d’ailleurs s’appuyer sur l’expérience du projet Cab pour financer l’accès à Internet haut débit dans d’autres pays africains. Deux projets qui, bien réalisés, permettront au Cameroun d’avoir une connexion haut débit à l’horizon 2010.

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