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Madagascar : Paiement par mobile. La réglementation comme blocage

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Paiement du salaire, achat de crédit de téléphone, transfert d’argent… par téléphone mobile. Le paiement par mobile est une réalité à Madagascar.

Seulement, la réglementation obsolète et non adaptée à l’évolution du secteur des TIC est un blocage majeur. Les opérateurs de téléphonie mobile doivent d’abord s’adosser à une banque pour avoir l’autorisation de proposer les services de paiement par mobile. Cela veut dire qu’en principe, ils n’ont pas le droit de retenir de l’argent. Pareil, ils n’ont pas le droit de rémunérer leurs clients sur leurs produits. En effet, ce sont des opérateurs en téléphonie et non pas des institutions bancaires ou financières. A Madagascar, les deux cas de figure cités plus haut sont observés sur le marché du paiement par mobile, car il arrive que l’argent en mouvement reste quelque temps chez les opérateurs avant de regagner le circuit bancaire. Par contre, les opérateurs n’autorisent pas aux revendeurs de recharger le compte de leurs clients, parce que tout comme eux, ces revendeurs ne peuvent pas jouer le rôle d’une banque. Cette situation n’arrange pas les clients désireux d’effectuer des transferts élevés et/ou des transferts fréquents. Ils doivent, en effet, se rendre dans un shop de l’opérateur pour recharger leurs comptes.

Dans la capitale pourtant, les shops enregistrent toujours de longues queues et font donc perdre du temps aux clients. Dans les régions et également à Antananarivo, les revendeurs n’ont pas toujours la provision nécessaire. A part la réglementation donc, les problèmes viennent aussi de la méthode de travail de certains opérateurs. Cette méthode devrait inclure des solutions pour l’insuffisance de provision des revendeurs. Notons qu’en Afrique, le paiement par mobile est en plein essor et connaît même un grand boom. Une étude récente de l’Association des opérateurs mobiles du GSM (GSMA) montre que près de 60 millions d’Africains utilisent déjà le m-paiement ou paiement par mobile. En juin 2011, 80% des opérations financières étaient réalisées via le mobile en Afrique de l’Est. Evidemment, Madagascar n’est pas encore concerné par cette statistique, alors que le m-paiement est plus sécurisé et évite des délits et crimes. Pour ce qui est de l’Afrique de l’Est, le m-paiement se développe beaucoup grâce aux prix abordables du téléphone mobile et à la concurrence entre opérateurs.

Le m-paiement se présente aussi comme un service alternatif pour bancariser l’économie. Si près de 1 milliard d’Africains ne disposent pas d’un compte bancaire selon toujours l’étude du GSMA, près de 1 Africain sur 2 possèdent un téléphone portable. De quoi développer le m-paiement et donc la bancarisation d’un grand pan de l’économie dont notamment le secteur informel. Il faut, par ailleurs, souligner que le paiement par mobile est gratuit pour les abonnés à ce service. Ce n’est pas le cas pour le compte bancaire dont le retrait et le transfert d’argent sont payants. Ces éléments militent en faveur de l’essor de ce service à condition que Madagascar possède un cadre réglementaire adapté et que les opérateurs fassent l’effort d’améliorer leurs services.

Fanjanarivo

Le m-paiement appelé à  servir les entreprises :

D’après l’étude de l’Association des opérateurs mobiles du GSM (GSMA), le paiement par mobile était, presque uniquement, utilisé pour des transferts de crédit en 2008. Aujourd’hui, les utilisations s’orientent vers le transfert P2P ou le transfert de à personne à personne (27% en 2011), le paiement de factures (5%) et le vrac (1%). Ces évolutions font émerger des projets de m-paiement sur le continent africain. On peut citer le paiement des impôts au Botswana. Il y aussi le paiement des primes pour la micro assurance dans le secteur de la santé, le paiement d’actes médicaux ou encore le paiement de salaire. Mais pour l’heure, l’utilisation du m-paiement demeure très localisée. Une situation qui fait le bonheur des opérateurs historiques. Au Kenya par exemple, l’opérateur Safaricom bénéficie d’une croissance 109% pour le 1er semestre 2011. Le paiement est encore limité géographiquement et ne va donc pas au-delà des frontières nationales à cause des contraintes juridiques spécifiques à chaque pays. Malgré tout, l’Afrique demeure selon l’étude du GSMA la principale zone de développement du m-paiement. Les Philippines aussi qui sont les premiers consommateurs de SMS au monde. En Amérique du Sud, le service de m-paiement commence aussi à se développer. Cette forme de paiement est très attractive pour les pays en développement et émergents dont la majorité de la population ne bénéficie pas d’ordinateurs fixes ou d’accès au système bancaire. Si, actuellement, la popularité du système repose, essentiellement, sur des échanges financiers de personnes à personnes, son avenir s’oriente vers des transactions d’entreprises à particuliers (B2P) et de consommateurs à entreprise

Source : http://www.lagazette-dgi.com

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