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Les banques se font opérateurs de téléphonie mobile

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La chasse aux mobinautes est ouverte. Si Crédit Mutuel-CIC et BNP Paribas proposent déjà des offres de téléphonie dans leurs agences bancaires, Boursorama y réfléchit. Le but étant d’être aux premières loges pour l’arrivée du paiement sans contact et d’accompagner le développement de la banque sur mobile.

Les banques commencent à jouer en réseau. Anticipant un boom de l’utilisation de la banque sur mobile et l’essor du paiement sans contact avec son téléphone, elles prennent les devants. Objectif : proposer des services de « mobile banking » et de « mobile payment », lors de la vente d’un téléphone et d’un forfait.

Premier arrivé, premier servi

Premier arrivé, premier servi, Crédit Mutuel a été en 2005 la banque pionnière pour la commercialisation d’offres de téléphonie. La banque mutualiste détient aujourd’hui 95% de NRJ Mobile (NRJ 5%), opérateur « full MVNO » depuis juillet 2011, en partenariat avec SFR.
BNP Paribas s’y est mis en novembre 2011, en partenariat avec Orange. La banque aux étoiles a intégré à son offre des services bancaires dédiés au mobile et la possibilité de payer directement avec son téléphone, en mettant à disposition le téléchargement de KIX, son service de paiement sans contact.
Et selon le Journal du Dimanche, Boursorama réfléchirait à son tour à se lancer en tant qu’opérateur mobile, ce que confirme la banque en ligne. En précisant toutefois que « cela n’est qu’un projet parmi d’autres. Et il n’y a pas de calendrier ». Mais la banque se refuse à plus de commentaires sur ce projet.
Sur le modèle de distribution par exemple, l’offre serait-elle souscrite totalement en ligne, sur le modèle de l’offre bancaire, ou s’appuiera-t-elle sur des boutiques de téléphonie ?

Force de frappe des agences bancaires

Toujours est-il que Boursorama a conclu un partenariat commercial avec les boutiques The Phone House au début de l’été. La banque en ligne n’y propose pas d’offre de téléphonie, mais promeut son application bancaire sur les mobiles vendus dans les 343 boutiques de la marque, et offre 80 euros aux personnes qui ouvrent un compte bancaire. Une manière de tester son partenaire pour proposer son offre mobile par la suite ?
Lors de la présentation de ses résultats annuels, la banque en ligne avait de toute façon annoncé « l’accélération du développement de la banque sur mobile » pour 2012. Sachant que Boursorama avait enregistré 80 000 téléchargements de son application en 2011, et que 15% des connexions de ses clients s’effectuaient par le mobile à fin mars 2012.
De son côté, Crédit Mutuel distribue ses offres de téléphonie NRJ Mobile dans ses agences bancaires (Crédit Mutuel et CIC), et teste leur commercialisation dans des boutiques estampillées NRJ Mobile. « L’ouverture de boutiques de téléphonie est purement expérimental. Ce n’est pas du tout notre stratégie aujourd’hui », expliquait pourtant Michel Lucas en mars dernier.
Le nombre d’agences bancaires (près de 6000 pour Crédit Mutuel, plus de 2000 pour BNP Paribas) et leur maillage du territoire étant bien plus élevé que celui des points de vente des opérateurs de téléphonie (650 pour Bouygues Telecom, 1200 pour Orange, 840 pour SFR), la force de frappe des banques n’est pas négligeable.

Vendre le meilleur du mobile et de la banque

Moins d’un an après son lancement, NRJ Mobile comptait 200 000 clients en juillet 2006 et réalisait un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros un mois plus tôt. En 2011, l’opérateur affichait plus d’un million de clients actifs et un chiffre d’affaires de plus de 320 millions d’euros.
L’an dernier, les applications smartphones du Crédit Mutuel avaient quant à elles enregistré 68 millions de connexions, un chiffre qui a été multiplié par six en un an. « Nous avons été les premiers à plonger. Il a fallu expliquer pourquoi aux commerciaux. Nous résistons assez bien à l’attaque de Free. Et la différence fondamentale avec nos concurrents se fait sur nos programmes et nos développements internes », affirmait Michel Lucas.
L’offre de BNP Paribas Mobile est également distribuée dans les agences bancaires. « L’objectif est d’équiper plusieurs centaines de milliers de clients de BNP Paribas, d’ici à trois ans, de smartphones alliant le meilleur des services mobiles et des services bancaires », précisait la banque dans un communiqué.
A fin mars 2012, la banque recensait plus de 500 000 utilisateurs d’Internet mobile mensuels, soit une progression de 73% par rapport à mars 2011. A ce jour, elle a développé 12 applications liées au « m-banking » et deux dédiées au « m-paiement », téléchargées environ 1,3 million de fois.

Des innovations dans le paiement sans contact

BPCE, Crédit Agricole ou Société Générale ne sont pas en reste. Certes, elles n’ont pas fait le choix de la vente de téléphonie dans leurs agences pour l’instant. Mais elles innovent dans le paiement sans contact. BPCE a tout récemment lancé l’application pour smartphone S-Money, sorte de porte-monnaie électronique sur téléphone relié au compte courant, et propose aussi une « coque » de téléphone intégrant la technologie du paiement sans contact.
Crédit Agricole et LCL disposent d’une offre de paiement et de transfert d’argent par Internet et par mobile, baptisée Kwixo.
Et Société Générale propose gratuitement une option associée aux cartes Visa et Visa Premier pour régler les achats d’un montant inférieur à 20 euros en payant sans contact. Ce que fait également La Banque Postale, qui profite par ailleurs du lancement de La Poste Mobile, pour doter la carte SIM des téléphones vendus dans les bureaux de poste de son application bancaire.

Un potentiel de développement important

La vente de téléphonie mobile peut aussi permettre d’attirer de nouveau les clients ou les prospects en agences, qui connaissent aujourd’hui une nette baisse de fréquentation en grande partie liée… au développement du mobile et d’Internet.
Et le potentiel de développement de la banque sur mobile est de taille. Dans une étude Exton Consulting/EFMA de mai 2012 sur la banque et le digital en Europe, 15% des internautes affirment se connecter au site de leur banque via leur téléphone portable, ce qui représente un quart des personnes équipées en téléphone avec accès à Internet. Et plus de 10% des « mobinautes bancaires » ont téléchargé des applications du type paiement sans contact, coffre-fort virtuel ou de gestion de budget. Mais le m-banking n’en est encore qu’à ses prémices, puisque seul 1% des internautes se connecte uniquement à la banque sur mobile, contre 81% pour l’Internet fixe et 18% pour les deux canaux combinés. D’ailleurs, 19% des internautes pensent utiliser davantage leur mobile pour leurs services bancaires à l’avenir.
« L’équipement en smartphones et en forfaits adaptés est un facteur déterminant dans l’essor de la banque sur mobile, mais l’ergonomie des sites et interfaces est tout aussi important. Ainsi, chaque évolution d’envergure (appli iPhone, Android, iPad) s’est accompagnée par un saut en terme de nombre d’utilisateurs et de connexions », déclare Erik Songeur, directeur de la distribution multicanale chez Société Générale, dans l’étude.

Quant au paiement mobile sans contact, il est déjà possible à Nice et Strasbourg, et sera bientôt disponible à Marseille, Caen, Lille ou encore Bordeaux dès cette année.

Source : http://www.latribune.fr/

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